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Les règles du judo par Séverine Sbeghen

Signifiant littéralement « voie de la souplesse » en japonais, le judo est un sport de combat olympique très connu. Vous connaissez d’ailleurs certainement les règles dans leurs grandes lignes. Cependant, pour ceux qui souhaitent en apprendre plus, Séverine Sbeghen, ceinture noire deuxième dan et professeure de judo, nous explique plus en détail les règles de ce sport de combat passionnant et technique.

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Qui est Séverine Sbeghen ?

Séverine Sbeghen est la directrice du pôle international de la société Immocom depuis 2012. La jeune femme a développé son profil commercial en travaillant au sein de différentes entreprises. Pendant deux ans, elle a été commerciale au sein de la société Adidas. Responsable de l’organisation, de la préparation technique et commerciale, elle avait pour mission de promouvoir la marque dans les magasins de la région Rhône-Alpes.

Férue de sport, elle a aussi géré la direction du secteur sport d’un centre de loisirs. Elle était en charge de l’organisation, de la communication, du management du personnel et de la gestion de projet.

En véritable passionnée, le sport fait donc partie intégrante de la vie de Séverine Sbeghen. Elle a commencé le judo à l’âge de 6 ans. Titulaire du diplôme de brevet d’état de judo et ceinture noire deuxième dan, elle ne pratique plus et n’enseigne plus depuis 7 ans. En plus du judo, elle est aussi passionnée par la randonnée.

L’objectif du judo

L’objectif du judo est de faire ippon ou avoir plus de points que son adversaire à la fin du temps réglementaire. Au judo, il y a sept catégories pour les hommes :

  • Lourds : plus de 100 kg
  • Mi-lourds : moins de 100 kg
  • Moyens : moins de 90 kg
  • Mi-moyens : moins de 81 kg
  • Légers : moins de 73 kg
  • Mi-légers : moins de 66 kg
  • Extra-légers : moins de 60 kg

Il y a également sept catégories pour les femmes :

  • Lourds : plus de 78 kg
  • Mi-lourds : moins de 78 kg
  • Moyens : Moins de 70 kg
  • Mi-moyens : moins de 63 kg
  • Légers : moins de 57 kg
  • Mi-légers : moins de 52 kg
  • Extra-légers : moins de 48 kg

Le système de repêchage aux Jeux olympiques

Le système de repêchage aux Jeux olympiques est assez difficile à comprendre. Explications de Séverine Sebghen.

En réalité, si l’on regarde le tableau, ce système n’est pas si compliqué. Les premières et secondes places sont obtenues par un système à élimination directe très classique composé de quarts de finale, demi-finales et d’une finale pour connaître les judokas qui décrocheront la médaille d’or et la médaille d’argent.

Pour comprendre le système de repêchage, il faut revenir en quart de finale. Les perdants des quarts de finale vont pouvoir lutter pour la troisième place et obtenir une médaille de bronze. Le repêchage concerne donc deux judokas. Pourquoi ? Tout simplement parce que les quatre perdants des quarts de finale s’affrontent et que les perdants des demi-finales rencontrent les vainqueurs de ces deux combats de repêchage, ce qui permet aux deux vainqueurs de ce dernier match d’obtenir une médaille de bronze.

Les règles du judo expliquées par Séverine Sbeghen

Un match dure cinq minutes pour les hommes et quatre minutes pour les femmes. Comme dit plus haut, le ippon permet de gagner le combat. Cependant, il est possible de gagner le match de plusieurs manières.

Soit, le judoka projette avec force au sol son adversaire à plat sur son dos ; soit, il immobilise son opposant au sol pendant 20 secondes ou plus ; soit, il pousse son adversaire à abandonner par blocage du bras, par exemple, ou en l’étranglant, par une technique d’étranglement.

Ensuite, il existe le système des waza-ari. Il faut en faire deux pour marquer un ippon et gagner le match. Un wara-ari peut consister à projeter son adversaire au sol sur son dos avec un peu moins de force que pour un ippon, à faire rouler son opposant sur ses épaules et sur son dos au sol ou à immobiliser son adversaire au sol pendant 15 à 19 secondes.

Enfin, Séverine Sbeghen précise qu’un yuko ne permet pas de marquer un ippon. C’est un autre système de points. Par exemple, le yuko peut être marqué si le judoka projette son adversaire au sol sur le côté ou s’il immobilise ce dernier au sol pendant 10 à 14 secondes.

S’il y a égalité à la fin du temps réglementaire, le système de point en or (ou golden score en anglais) prolonge le match jusqu’à ce qu’un point soit marqué d’une manière ou d’une autre par un des deux judokas. Il n’y a donc pas de limite de temps. La prolongation peut donc durer 30 secondes comme 10 minutes.

Les pénalités

Au judo, il existe deux systèmes de pénalité :

  • Le hansoku make, qui s’apparente au carton rouge, sanctionne les fautes les plus graves, comme, par exemple, attraper la jambe de son adversaire ou la volonté de blesser ou d’insulter son opposant.
  • Le shido, qui s’apparente au carton jaune, sanctionne les fautes mineures. Un shido est donné lorsqu’un judoka sort volontairement de l’aire de combat ou lorsqu’il sort volontairement son adversaire de cette zone ou même encore si un judoka n’attaque pas suffisamment rapidement. Enfin, cette pénalité peut aussi être donnée si un combattant tient de ses deux mains le même côté du kimono de son adversaire sans l’attaquer.

S’il n’y a pas de points marqués ou s’il y a égalité, mais qu’un combattant a moins de shido que l’autre à la fin du combat, il est désigné vainqueur.

Enfin, quatre shido équivalent à un hansoku make, c’est-à-dire à un carton rouge et donc à la disqualification du judoka.

Histoire brève du judo

Le judo est un art martial né au Japon, et il est maintenant connu dans le monde entier comme un sport olympique. Le judo a été créé en 1882 en combinant le jujitsu, une forme de lutte, avec la discipline mentale. Les racines du jujitsu se trouvent dans le sumo, qui a une très longue histoire ; le sumo est mentionné dans le Nihon shoki (Chronique du Japon), un document de 720 qui décrit l’histoire du Japon depuis l’âge mythique des dieux jusqu’au temps de l’impératrice Jito, qui régna de 686 à 697.

Du XIIe au XIXe siècle, le Japon était gouverné par les samouraïs, une classe de soldats professionnels. Ceci a fourni un terrain fertile pour le développement de divers arts martiaux. En plus de se battre avec des épées, des arcs et des flèches, les samouraïs ont développé le jiu-jitsu pour combattre leurs ennemis à bout portant sur le champ de bataille. Plusieurs styles différents de jiu-jitsu ont évolué, et le combat au corps à corps s’est répandu comme une forme importante d’entraînement militaire.

L’ère des samouraïs prit fin avec la Restauration Meiji de 1868, et la culture occidentale commença à s’infiltrer dans la société japonaise. Le jiu-jitsu est tombé en déclin, mais l’enthousiasme d’un jeune homme l’a sauvé de l’extinction. Cet homme était Jigoro Kano, le fondateur du judo tel que nous le connaissons aujourd’hui. Kano excellait dans les travaux scolaires, mais avait un complexe d’infériorité, car il était assez chétif. Il est donc devenu apprenti de Yanosuke Fukuda, un maître de l’école de jiu-jitsu Tenjin Shin’yo, à l’âge de 17 ans pour devenir plus fort. En mai 1882, alors qu’il n’avait que 21 ans, il prit le meilleur de chaque style de jiu-jitsu et créa une seule nouvelle école. C’est la naissance du judo moderne. Au début, il n’avait que neuf élèves, et le dojo (salle de pratique) ne mesurait que 12 jo (environ 24 m²).

Jigoro Kano

Kano s’est rendu en Europe en 1889 pour introduire le judo en dehors du Japon. Un épisode célèbre s’est produit à bord d’un navire au cours de son voyage. Quand un étranger s’est moqué de Kano, le judoka a jeté l’homme à terre, mais en mettant sa main sous sa tête pour l’empêcher de se blesser. Ceci illustre bien comment le judo combinait des techniques de combat pratiques avec le respect et la bienveillance pour son adversaire. Kano a toujours maintenu un point de vue global sur son art, en tant que membre du Comité International Olympique, et a travaillé sans relâche pour répandre le judo à travers le monde.

Le rêve de Kano s’est réalisé aux Jeux olympiques de Tokyo en 1964, où le judo masculin a été reconnu comme une discipline olympique officielle. Des médailles ont été décernées à des compétiteurs de différentes divisions de poids, et les compétiteurs japonais ont remporté la médaille d’or dans toutes les divisions sauf la division ouverte, où un champion non japonais a été couronné. C’était un signe que le judo avait déjà pris racine dans d’autres pays que le Japon. Le judo féminin a été introduit en tant qu’épreuve de démonstration aux Jeux olympiques de Séoul en 1988 et a été ajouté au programme officiel des Jeux olympiques de Barcelone en 1992.

Actuellement, quelque 184 pays et régions sont membres de la Fédération internationale de judo. Ce sport est particulièrement populaire en Europe. En réalité, comme le souligne Séverine Sbeghen, beaucoup plus de personnes en France pratiquent le judo qu’au Japon. Le Japon continue de promouvoir le judo dans d’autres pays, par exemple, en envoyant des instructeurs dans des régions où le judo n’est pas très connu, comme en Afrique et en Océanie, et en offrant des uniformes de judo d’occasion.